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  • Les Dessous de la robe

    Du 26 avril au 18 mai

    Le dessin d’audience par les étudiants de l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne site de Quimper au Tribunal de Quimper — 2013/2014

    Un projet réalisé par Anne Guillerme, Virginie Barré et Benjamin Rivière
    Avec  : Julia Abadie, Perrine Arru, Estelle Bertelsen, Lisa Cadro, Pierre Cavellat, Emma Cogan, Léa Conteau, Anna Couder, Jungfeng Deng, Fang Dong, Thibault Geay, Guénolé Gloaguen, Pierre Goyon, Maïlys Havard, Mélodie Le Corre, Suzanne Le Franc, Marine Le Guen, Aline Ledoux, Amélie Léost, Côme Lequin, Ophélie Noël, Josué Rajpop, Harold Richer, Claire Saucet, Alexandre Terrien, Marie Thébault, Alexia Vidamant


    Vernissage : vendredi 25 avril à 18h30

    Les Dessous de la Robe est une exposition qui revisite le dessin d’audience à partir d’un workshop proposé par Virginie Barré, Anne Guillerme et Benjamin Rivière au Tribunal de Quimper en 2013-2014. Vingt-sept étudiants, toutes années confondues, se sont essayés au croquis sur le vif tout en découvrant l’univers juridique, ses codes et son quotidien. Les dessins présentés ont un caractère documentaire mais témoignent également d’une approche subjective et de parti-pris qui interrogent l’implication de celui qui observe. Ces dessins sont ici exposés en regard des croquis et aquarelles de Pierre Cavellat, un juge actif à Quimper dans les années 30, célèbre pour ses dessins d’audience réalisés en cachette durant les procès. Ces dessins, qui nous sont prêtés par le musée départemental breton, renversent la perspective et offrent un aperçu du style caustique et sans concessions d’un homme de loi dans l’exercice de ses fonctions.
    Keren Detton, directrice du Quartier


    Comment capter, restituer les audiences par le trait, saisir des attitudes, esquisser des visages, des regards à des moments fondamentaux dans la vie des personnes convoquées au Tribunal.
    Le Tribunal est un espace où l’on déplie le temps : des actes qui parfois n’ont duré que quelques secondes ou au contraire des années sont ici scrutés, observés à la loupe.
    Les faits sont rejoués, analysés à l’aune des lois dans une grande salle aux hauts murs sans autre ouverture sur le réel que ses portes ouvertes laissant pénétrer le murmure de la Salle des Pas Perdus.
    Pendant deux mois, les étudiants ont eu le privilège de dessiner au Tribunal de Quimper au cœur du dispositif judiciaire. L’enjeu pour eux était, tout en observant la scène, d’établir ce qui va constituer leur point de vue : le type de papier, le format, les outils, leur propre protocole étaient à inventer. Les étudiants ont pu observer comment une certaine vérité tente de se faire jour. Elle se fraie un chemin entre les mots et le langage des corps. Pendant ces journées de novembre et décembre, ils ont tracé les contours de quelques destins. Ils ont pu observer l’émotion, l’amnésie, l’éloquence, la défiance, la sévérité, le mutisme, la divagation. 
    Virginie Barré, artiste


    Transformer l’interdiction en opportunité c’est le défi et tout le sens du dessin d’audience. Là où sont encore bannis à l’heure des tweet et de Facebook, les caméras et appareils photos (à de rares exceptions), le dessin sous toutes ses formes reprend ses droits, exprime sa singularité. C’est avec un bel enthousiasme et une grande énergie que les étudiants de l’EESAB-site de Quimper ont investi nos salles d’audience au cours de l’hiver dernier.
    Un peu d’appréhension de leur côté, de frilosité du notre…
    Passé cet incontournable face à face en forme d’interrogation, l’échange fut réjouissant : surprenant quelques fois, jamais malveillant ni jugeant.
    Ils ont beaucoup appris, et ont souvent réagi avec leurs mots et leur spontanéité : « il est vraiment parti en prison là ? », « c’est allé trop vite », « dur »…
    La noirceur et la dureté du trait n’échapperont d’ailleurs à personne. Émus, révoltés, amusés quelque fois au détour d’un incident d’audience, d’un bon mot, ou d’un simple quiproquo, ils ont mis dans leurs dessins la palette de leurs émotions.
    À nous de regarder : traits tirés, têtes baissés, mains jointes, regards perdus…
    Des mots qui s’envolent : certains tonitruants, d’autres qui se perdent sans qu’on les entende…
    De leurs légitimes interrogations est né un vrai échange, des questions pertinentes, et un grand intérêt pour le système judiciaire qu’ils ont eut à cœur d’essayer de percer.
    Ils ont su s’émouvoir de ces destins qui se jouent à quelques mètres de leur école et de leur quotidien.
    Le dialogue s’est entamé : toute ouverture est en soi un succès. Nous pouvons leur emboîter le pas, poursuivre l’autocritique, ce regard neuf sur nos professions.
    Plus simplement, libre à nous d’apprécier le vrai travail de ces jeunes gens qui ont su se saisir de l’aventure proposée.
    Les Dessous de la Robe c’est un peu d’humour, de distance et d’audace qui ont passé le portique de sécurité de l’imposante vieille Dame du Quai de l’Odet.
    Anne Guillerme, avocat


    Dessin de Fang Dong Photo Dieter Kik Photo Dieter Kik Photo Dieter Kik Photo Dieter Kik Photo Dieter Kik

    Autour de l'exposition