En 1988, j’envisageais l’extension de l’œuvre à la notion de territoire. J’avais dessiné la première formule préparatoire du projet qui consistait à ajouter "+1" à chaque limite posée (ou imposée), par l’état à chaque individu. La première phase de ce travail s’énonçait autour du principe de détournement, une mise en forme qui consistait à dévier certains mouvements ou flux, de façon à étendre (rallonger) la trajectoire de la réalité. L’idée de dilater l’espace et le temps était un moyen de me confronter à la réalité que j’avais alors qualifiée de "tout s’échappe" sur un dessin. Le projet actuel est d’agrandir le paysage politique mondial d’un territoire de plus. Pour ce faire, je demande à l’ensemble des états du monde contemporain de m’envoyer un kilogramme de terre de leur sol afin de les réunir dans une serre d’environ 2 mètres sur trois de manière à matérialiser ce territoire supplémentaire ; ainsi qu’une lettre de reconnaissance de celui-ci, permettant d’énoncer son existence politique. La flottaison de la serre pour les 188 kilogrammes de sol dans un socle/bassin d’environ un mètre de hauteur.